Le street art en Belgique repose sur trois modèles très différents, que résument bien les trois lieux les plus cités, comparés ici. À Gand, la Werregarenstraat est une ruelle de tolérance ouverte au graffiti libre depuis 1995, où les murs changent chaque semaine. À Bruxelles, le Parcours BD est un programme de commandes publiques lancé en 1991, dont la 74e fresque a été inaugurée en juillet 2026. À Liège, l’opération Paliss’art finance depuis 2002 des fresques monumentales, dont une part importante a déjà disparu avec les chantiers qui les portaient.
Ces différences changent la manière de visiter. Une ruelle libre se regarde comme un flux, un parcours de commandes comme une collection, un programme municipal sur supports temporaires comme une archive en mouvement. Les chiffres qui circulent (40, 60 ou 74 fresques à Bruxelles, 30 ou 100 à Liège) ne mesurent pas la même chose. Ce guide les remet à plat avec leur date.

Trois modèles pour un même street art en Belgique
La comparaison ci-dessous rassemble les données publiées par les villes et par la presse belge, chaque fois avec l’année du chiffre. Les durées de visite sont celles annoncées par les organisateurs des parcours.
| Critère | Werregarenstraat (Gand) | Parcours BD (Bruxelles) | Paliss’art (Liège) |
|---|---|---|---|
| Début | 1995, pendant les Gentse Feesten | 1991, fresque Broussaille | 2002 |
| Statut des œuvres | Graffiti libre, zone de tolérance | Commandes de la Ville de Bruxelles | Commandes de la Ville de Liège, coordonnées par Spray Can Arts |
| Qui peint | N’importe qui, sans autorisation préalable | Auteurs de BD, exécution surtout par l’asbl Art Mural | Plus de 150 artistes invités depuis 2002 |
| Durée de vie d’une œuvre | Quelques jours à quelques semaines | Plusieurs décennies, restaurations comprises | Variable: les supports de chantier disparaissent |
| Volume | Une ruelle; plus de 250 œuvres sur la carte de la ville (2025) | 74e fresque numérotée (juillet 2026) | Environ 100 créées, une quarantaine visibles (2024) |
| Temps de visite | Deux itinéraires d’environ 1 h 15 dans la ville | Durée libre, à composer sur la carte interactive de la Ville | Environ 2 h à pied pour le centre |

La ligne « durée de vie » est celle qui compte le plus pour un visiteur venu de France. Une photo de la Werregarenstraat publiée l’an dernier ne montre déjà plus rien de ce que vous verrez. Une fresque du Parcours BD, elle, sera presque toujours au rendez-vous.
Werregarenstraat à Gand: une zone de tolérance depuis 1995
La Werregarenstraat, que les Gantois appellent aussi Werregarenstraatje ou Graffitistraatje, est une ruelle piétonne du centre historique, dans le triangle formé par la Hoogpoort et le Vrijdagmarkt. Visit Gent la présente comme une « zone de tolérance » pour le street art, gratuite et accessible en fauteuil roulant.
Une ruelle médiévale avant d’être un mur à graffiti
Le nom remonte au moins à 1353. Selon le site d’histoire locale Gent De Kuip, une mention parle alors d’une ruelle « van Werregaren », probablement liée à une famille qui y résidait. Au XIVe siècle, la réputation du passage était telle que les magistrats y firent poser des grilles aux deux extrémités. Le reportage de la VRT de juillet 2024 rappelle aussi un passé de quartier de prostitution et la présence d’un fabricant de cercueils.
Comment le graffiti est devenu légal en 1995
Au début des années 1990, peindre dans la ruelle exposait encore à des amendes, voire à la prison. Le tournant date de 1995. Selon la VRT, la venue du graffeur américain John Matos, dit Crash, est citée comme le déclencheur. Le bourgmestre Frank Beke a alors autorisé la peinture légale, dans le cadre des Gentse Feesten. Visit Gent date aussi l’ouverture de la ruelle de ces fêtes de 1995.
Depuis, l’accord repose sur un principe simple. Les murs sont un support public pour les jeunes artistes, sans sélection ni autorisation individuelle. Visit Gent résume la règle en deux points: respecter une œuvre de meilleure qualité que la sienne et laisser les riverains en paix le soir.
Ce qui se peint dans la ruelle de Gand disparaît en quelques semaines
La Werregarenstraat ne ressemble jamais deux fois à elle-même. Visit Gent écrit qu’elle change d’une semaine à l’autre. Les artistes repeignent simplement par-dessus les pièces précédentes. On y trouve dans le même mètre carré des portraits très travaillés, des lettrages, des slogans politiques et des tags rapides.
Une mémoire qui ne tient que par les photographes
Ce renouvellement permanent a un coût: la ruelle n’a pas d’archives propres. En juillet 2024, la galerie Giftshop, installée dans la ruelle même, a exposé « Everything is still there » pendant les Gentse Feesten. L’exposition réunissait environ 1 000 images tirées de trois décennies de photos, signées notamment Ferdinand Feys et Nicolas Maeterlinck. S’y ajoutaient des archives d’artistes comme Klaas Van Der Linden.
Elle rendait hommage à David Donceel, alias Phase, présenté par Stef Moens comme un pionnier de l’underground gantois, mort en 2020. Pour un visiteur, la conséquence pratique est nette:
- ce que vous voyez dans la ruelle n’existera probablement plus lors d’une deuxième visite;
- les photos des guides et des réseaux sociaux ne servent qu’à juger l’ambiance, jamais à repérer une œuvre précise;
- les pièces durables de Gand se trouvent ailleurs, sur des murs commandés ou autorisés.
La carte Sorry, Not Sorry recense plus de 250 œuvres à Gand
La ruelle ne résume pas Gand. La Ville publie la carte Sorry, Not Sorry, gratuite et disponible en néerlandais, en français et en anglais. Son édition du printemps 2025, mise à jour chaque année, recense plus de 250 œuvres réparties dans la ville. Elle propose deux itinéraires à pied d’environ 1 h 15 chacun. La carte papier se retire notamment à l’office Visit Gent, à la bibliothèque De Krook et au Beffroi.
Une carte qui a plus que doublé en trois ans
En rapprochant les chiffres publiés par la presse, on peut mesurer la croissance du recensement. Les dates sont celles des articles, pas celles des éditions de la carte, ce qui laisse une marge d’erreur d’un an.
| Année de publication | Source | Œuvres annoncées sur la carte |
|---|---|---|
| 2022 | Moustique | Plus de 100 |
| 2023 | Marie Claire Belgique | Presque 200 |
| 2025 | Ville de Gand, service Culture | Plus de 250 |
Le rapport entre 100 et 250 donne un facteur 2,5 en trois ans environ. Il mesure l’effort de recensement autant que la production réelle, puisque des œuvres anciennes ont pu entrer dans la carte au fil des éditions.
Les autres zones de tolérance et les noms à repérer
La carte en ligne de la Ville permet de filtrer les zones de tolérance (gedoogzones). Visit Gent cite la Koopvaardijlaan comme autre support ouvert aux graffeurs. Pour les œuvres commandées, Visit Gent met en avant Roa et ses animaux en noir et blanc. Suivent Bué the Warrior, Joachim Lambrechts, Super A et le duo Ericailcane et Bastardilla, auteur d’une fresque en 2018.
Le Parcours BD de Bruxelles est né d’un problème de façades
Le Parcours BD n’a pas commencé comme un projet artistique. Selon la Ville de Bruxelles, il est né au début des années 1990. La suppression de grands panneaux publicitaires avait alors mis à nu des pignons dégradés au centre-ville. La Ville a choisi de les peindre plutôt que de les laisser vides.

Broussaille, 1991, 35 mètres carrés
La première fresque est le Broussaille de Frank Pé, inaugurée en juillet 1991, qui occupe environ 35 m² à l’angle de la rue du Marché au Charbon et de la rue des Teinturiers. Le projet a été porté par la Ville avec le Centre belge de la bande dessinée. L’asbl Art Mural, fondée en 1984 par cinq artistes, réalise depuis 1993 la quasi-totalité des fresques. Broussaille a été restaurée et légèrement modifiée en 1999, puis restaurée de nouveau en 2020.
Comment une fresque entre au parcours
Le mécanisme est celui d’une commande. La Ville choisit des personnages classiques de la bande dessinée franco-belge ou des auteurs contemporains, puis cherche un mur. Les propriétaires peuvent aussi proposer leur pignon; une équipe municipale examine ensuite la faisabilité. Les œuvres sont signalées sur une carte interactive et publiées en données ouvertes, ce qui n’existe ni pour la Werregarenstraat ni pour la plupart des murs libres.
Combien de fresques compte le Parcours BD: 40, 56, 60 ou 74
Les chiffres publiés sur le Parcours BD semblent se contredire. En les classant par date et par périmètre, ils deviennent cohérents. Le tableau ci-dessous rassemble ceux que nous avons relevés.
| Chiffre | Source et date | Ce qu’il compte |
|---|---|---|
| Une quarantaine | Wikipédia en français, non daté | Fresques situées dans le Pentagone (centre) uniquement |
| Plus de 50 | Wikipédia en anglais, non daté | Ensemble du parcours, la plupart dans le Pentagone |
| 56 | Communiqué de la Ville, février 2018 | Total au moment de la fresque de Brecht Evens |
| 62e | Agenda BD, septembre 2021 | Numéro d’ordre de la fresque d’Elodie Shanta |
| 67e | La DH, juillet 2022 | Numéro d’ordre de « La Cabane » de Léonie Bischoff |
| Plus de 60 | Site de la Ville de Bruxelles, consulté en 2026 | Fresques visibles entre le centre et Laeken |
| 74e | RTBF, juillet 2026 | Numéro d’ordre de la fresque de Nicolas Pitz |
Numéro d’ordre et fresques visibles
Deux types de chiffres coexistent. Le numéro d’ordre (62e, 67e, 74e) compte toutes les fresques réalisées depuis 1991. Le nombre de fresques visibles retire celles qui ont disparu. Wikipédia en français signale plusieurs fresques marquées comme disparues en 2015 et 2016. La fresque de La Marque jaune, couverte par une construction, a quant à elle été repeinte en 2020 rue du Temple, dans les Marolles.
L’écart entre 74 fresques numérotées et « plus de 60 » visibles, soit une dizaine d’unités, correspond donc le plus probablement aux œuvres disparues ou déplacées. La Ville ne publie pas ce décompte sous cette forme. Nous le présentons comme une reconstitution.
Un rythme de deux fresques par an depuis 35 ans
Le calcul du rythme confirme cette lecture. De 1991 à 2026, 74 fresques en 35 ans donnent environ 2,1 fresques par an. Entre février 2018 (56) et juillet 2026 (74), on compte 18 fresques en un peu plus de huit ans, soit le même rythme. Il correspond aux « deux à trois nouvelles œuvres par an » attribuées à Art Mural. Le parcours grandit lentement: chaque année n’ajoute que deux ou trois arrêts.

Ce que le Parcours BD a changé depuis 2018
Les fresques récentes ne ressemblent plus aux premières. Le parcours s’est d’abord construit sur les héros classiques. Tintin occupe la rue de l’Étuve, Spirou la rue Notre-Dame de Grâces, Corto Maltese le quai de la Voirie. Ces dernières années, la Ville commande davantage à des auteurs contemporains et associe les habitants.
Quatre fresques qui marquent le virage
- « Jardin aux Fleurs » de Brecht Evens, inauguré en février 2018 à l’angle de la rue du Grand-Serment et de la rue du Char: 415 m², l’une des plus grandes du parcours selon la Ville;
- « Après-midi place Bockstael » d’Elodie Shanta, 62e fresque, inaugurée le 11 septembre 2021 à Laeken pour les 30 ans du parcours;
- « La Cabane » de Léonie Bischoff, 67e fresque, inaugurée en juillet 2022 au 4 rue du Champ de l’Église à Laeken: 160 m², sept femmes dans un décor d’arbres et d’eau;
- la 74e fresque, signée Nicolas Pitz au parc de la Senne et inaugurée en juillet 2026, conçue après un processus participatif avec une trentaine de jeunes du quartier.
Une seule autrice sur 67 fresques en 2022
La DH a relevé en 2022 que « La Cabane » était la première fresque du parcours peinte par une femme. Le calcul est parlant: une fresque sur 67, soit environ 1,5 %, après 31 ans de commandes. Le même article rapportait la volonté affichée de donner désormais la priorité aux autrices et aux personnages féminins. La part actuelle d’autrices sur les 74 fresques n’est pas publiée.
L’art et les habitants se renforcent mutuellement.
Frederik Ceulemans, échevin de la Ville de Bruxelles, cité par la RTBF (juillet 2026)
La fresque de Nicolas Pitz illustre la logique actuelle. Le dessin s’appuie sur des collages réalisés par les jeunes du quartier Nord. L’auteur y a glissé de « petites histoires » à découvrir en regardant de près.
Parcours BD et Parcours Street Art: deux programmes à ne pas confondre
Bruxelles gère un second programme, souvent mélangé au premier dans les guides: le Parcours Street Art de la Ville de Bruxelles, lancé en 2013. Il ne relève pas de la bande dessinée et invite des artistes urbains belges et internationaux. Lors de ses dix ans, en septembre 2023, BX1 indiquait plus de 150 œuvres dans la ville, avec neuf nouvelles pièces cette année-là.
Trois itinéraires publiés
Le site du Parcours Street Art propose trois itinéraires aux durées très différentes.
- Marolles: 2 h à pied, 11 fresques;
- Laeken: environ 1 h à pied, faisable à vélo;
- Grand-Place: 40 minutes de marche.
Les deux programmes se croisent à Laeken et dans les Marolles, ce qui explique la confusion. Sur place, le sujet suffit à les distinguer. Le Parcours BD montre des personnages et des cases de bande dessinée, le Parcours Street Art des styles graphiques libres. L’édition 2023 a invité, entre autres, Iota, Isaac Cordal, Helen Bur et Alba Fabre Sacristàn.
Street art de Liège: Paliss’art est né sur des palissades de chantier
Le street art de Liège s’organise autour de Paliss’art, lancé en 2002 par la Ville de Liège. L’initiative revient à Michel Firket, alors échevin du Tourisme, de l’Espace public et de l’Art public. Le nom vient du premier support visé: les palissades de chantier. Depuis sa création en 2004, l’asbl Spray Can Arts assure la coordination.
Des bénévoles aux commandes rémunérées
La Maison de l’urbanité, qui a consacré un article aux 22 ans du projet, décrit une évolution en trois temps. Les premières fresques reposaient sur des artistes bénévoles. L’opération s’est ensuite professionnalisée pour rémunérer correctement les créateurs, puis a privilégié les murs visibles et accessibles plutôt que les seuls murs dégradés. Les années récentes misent sur le muralisme monumental et sur un équilibre entre artistes locaux et internationaux.
Supports et reconnaissance
Les fresques couvrent aujourd’hui trois familles de supports.
- palissades de chantier, qui restent le support d’origine;
- pignons aveugles et façades nues;
- cabines électriques, traitées comme de petits formats.
Selon la RTBF (juillet 2025), Paliss’art a reçu en 2024 un prix de l’urbanisme dans la catégorie des projets de micro-architecture. Deux consultations citoyennes, en 2017 et en 2019, avaient placé les fresques parmi les priorités du développement de la ville. Des propriétaires proposent désormais leurs murs spontanément.
À Liège, environ une fresque sur deux a déjà disparu
Les supports liégeois sont souvent temporaires. Les chiffres publiés comptent donc des choses différentes.
| Chiffre | Source et date | Ce qu’il compte |
|---|---|---|
| Environ 100 créées, une quarantaine visibles | Maison de l’urbanité, 2024 | Total historique et état actuel |
| Plus de 75 | Visit Liège, page street art consultée en 2026 | Fresques réalisées sur le territoire |
| 75, dont 30 au centre, sur 25 km | RTBF, juillet 2025 | Circuit complet et partie centrale |
| 46 | Catalogue de la Ville cité par info-lux, septembre 2026 | Fresques documentées de 2002 à 2024 |
| Une trentaine | Boulettes Magazine (2021), Marie Claire Belgique (2023) | Fresques du parcours de balade |
Le taux de survie, calculé
Avec une quarantaine de fresques visibles sur une centaine créées, le taux de survie tourne autour de 40 % après 22 ans. Info-lux, en septembre 2026, parle d’un peu plus de 70 créations dont la moitié environ subsiste, ce qui donne 50 %. L’écart vient surtout du total retenu, 70 ou 100. Le nombre de fresques visibles reste stable, entre 35 et 46 selon les décomptes.
Préparer la balade avec une carte fiable
La conclusion pratique est la même dans les deux cas. Une carte Paliss’art de plus de deux ou trois ans contient des arrêts qui n’existent plus. Le blog Baroudeurs liégeois note aussi que certains numéros sont mal placés sur le plan officiel.
- prendre la carte la plus récente, à la Maison du Tourisme de la place Saint-Lambert ou en PDF sur le site de la Ville;
- suivre les adresses plutôt que les numéros du plan;
- vérifier sur place les QR codes, qui renvoient à la fiche de chaque œuvre selon la RTBF;
- prévoir une ou deux fresques de réserve dans le même quartier, au cas où un arrêt aurait disparu.
L’Homme de la Meuse et les fresques liégeoises à voir en priorité
La pièce la plus visible du street art de Liège est L’Homme de la Meuse, de Sozyone Gonzalez. Elle occupe les façades aveugles des numéros 10 et 21 du quai de la Boverie. Inaugurée en septembre 2019, elle couvre environ 1 200 m² et a demandé près de 1 000 bombes de peinture. L’Avenir la décrit comme l’une des plus grandes de Wallonie.

Une échelle sans équivalent au Parcours BD
La comparaison de surfaces montre l’écart entre les deux programmes. L’Homme de la Meuse fait environ 2,9 fois la fresque de Brecht Evens (415 m²), présentée comme l’une des plus grandes du Parcours BD, et il représente environ 34 fois le Broussaille de 1991 (35 m²). Liège a fait du monumental une orientation assumée, alors que Bruxelles travaille surtout sur des pignons de taille moyenne.
Les autres repères
- « Narbonne » d’Adèle Renault, rue de l’Étuve, peinte en août 2020: un pigeon, motif récurrent de l’artiste;
- la fresque Nelson Mandela de Novadead, près de la place de l’Yser, en Outremeuse;
- « Crystal Flower » de l’Espagnol Okuda, sur un mur de l’ancien musée des Beaux-Arts;
- le triptyque de Whoups (Océane Cornille), rue Montagne Sainte-Walburge;
- « Bouquet d’Outremeuse » de Jérémy Goffart, avec les marionnettes Tchantchès et Nanesse.
Pour un circuit complet, le blog Baroudeurs liégeois propose une boucle de 8 km au départ de la gare des Guillemins. Elle passe par 15 fresques officielles et deux pièces du quartier Pierreuse. La version courte du centre et d’Outremeuse se fait en deux heures environ.
Graffiti libre ou commande: ce que prévoit la loi belge
La Werregarenstraat donne parfois l’impression que le graffiti est libre partout en Belgique. C’est faux. La loi du 25 janvier 2007, publiée au Moniteur belge le 20 février 2007, a créé l’article 534bis de l’ancien Code pénal. Ce texte punissait quiconque réalise sans autorisation des graffitis sur des biens mobiliers ou immobiliers.
Les peines prévues par le texte de 2007
- emprisonnement d’un mois à six mois;
- amende de 26 à 200 euros, cumulable ou non avec la prison;
- jusqu’à un an de prison en cas de récidive dans les cinq ans.
Le nouveau Code pénal belge est entré en vigueur le 1er septembre 2026. Il remplace la distinction entre crimes, délits et contraventions par huit niveaux de peine. Les montants de 2007 cités dans les guides anciens doivent donc être lus comme ceux de l’ancien code.
Ce que cela change pour un visiteur
Les fresques du Parcours BD et de Paliss’art sont des commandes autorisées par les propriétaires. La Werregarenstraat et les autres zones de tolérance de Gand relèvent d’une tolérance municipale locale, qui ne s’étend pas aux rues voisines. Sous l’ancien Code pénal, peindre hors de ces zones constituait une infraction, y compris pour un touriste muni d’une bombe achetée sur place. Le classement du graffiti dans le nouveau code doit être vérifié au texte avant de citer une peine.
Combiner Gand, Bruxelles et Liège en deux ou trois jours
Les trois villes sont reliées par des trains directs, ce qui permet d’en faire un seul séjour depuis la France. Liège dispose même d’un Eurostar direct depuis Paris, ce qui permet de commencer ou de finir le séjour par la Cité ardente sans repasser par Bruxelles. Les durées ci-dessous sont celles publiées par les opérateurs ferroviaires en 2026.
| Trajet | Durée | Source |
|---|---|---|
| Paris-Nord – Liège-Guillemins | 2 h 14, Eurostar direct | Eurostar |
| Paris – Bruxelles-Midi | 1 h 22 (trajet le plus rapide) | Eurostar |
| Bruxelles – Gand | 36 minutes en moyenne, 86 trains par jour | SNCB |
| Bruxelles – Liège | Environ 1 h 04 en moyenne, 34 trains par jour | SNCB |
Le temps total, calculé
Additionnons les durées officielles des itinéraires à pied. Les deux boucles Sorry, Not Sorry demandent environ 2 h 30 à Gand. Les trois itinéraires du Parcours Street Art prennent 3 h 40 à Bruxelles. Le centre de Liège en demande 2. Le total atteint 8 h 10 de marche, sans compter le Parcours BD. Les allers-retours Bruxelles – Gand et Bruxelles – Liège ajoutent environ 3 h 20 de train.
Avec plus de onze heures de visite et de trajet, un séjour de deux jours suppose de choisir. Trois jours permettent de consacrer une journée entière à chaque ville.
- jour 1, Bruxelles: Parcours BD dans le Pentagone le matin, Marolles l’après-midi;
- jour 2, Gand: Werregarenstraat en début de visite, puis une boucle Sorry, Not Sorry;
- jour 3, Liège: arrivée aux Guillemins, quai de la Boverie, puis Outremeuse.
À Liège, la Boverie se combine facilement avec une exposition; nos sorties créatives à Liège détaillent le programme de l’automne 2026. Pour ajouter des collections permanentes au séjour, la sélection de musées d’art belges couvre aussi Gand et Bruxelles.
Ce que ces parcours ne garantissent pas
Les trois modèles ont des limites qu’il vaut mieux connaître avant de partir.
- Werregarenstraat: aucune œuvre précise n’est garantie; le lieu déçoit qui cherche une pièce vue en photo.
- Parcours BD: selon info-lux, il n’existe pas de balisage au sol, ce qui impose de suivre la carte interactive de la Ville.
- Paliss’art: les plans de plus de deux ou trois ans comportent des fresques disparues; la numérotation officielle a connu des erreurs de placement.
- Parcours Street Art: les nouvelles œuvres arrivent par vagues annuelles; les itinéraires publiés ne couvrent pas toutes les pièces.
Pour qui ces parcours conviennent mal
Les trois villes en une seule journée ne fonctionnent pas: le seul temps de train dépasse trois heures. Les personnes à mobilité réduite trouveront la Werregarenstraat accessible en fauteuil selon Visit Gent, alors que le circuit liégeois de 8 km monte vers les coteaux de Pierreuse. Les familles avec de jeunes enfants préféreront le Parcours BD, dont les personnages sont connus et les arrêts courts.
Enfin, les données de ce type évoluent vite. Les chiffres de ce guide sont datés et vérifiés au 2 octobre 2026. Une nouvelle fresque du Parcours BD ou une nouvelle édition de la carte gantoise peuvent les modifier dès l’année suivante.