Ce samedi 10 octobre, le Museum voor Schone Kunsten de Gand (MSK) ouvre une grande rétrospective consacrée à Jenny Montigny (1875–1937). Élève d’Emile Claus, exposée à Paris et dans les salons belges de son vivant, la peintre gantoise est tombée dans l’oubli après sa mort. Plus d’un siècle après sa première rétrospective, le musée réunit ses peintures, pastels, dessins et eaux-fortes jusqu’au 10 janvier 2027.
L’essentiel
- QuoiRétrospective Jenny Montigny
- OùMSK Gent, Fernand Scribedreef 1, 9000 Gand
- DatesDu 10 octobre 2026 au 10 janvier 2027
- Tarif19 €, gratuit avec le museumPASSmusées
- HorairesDu mardi au vendredi 9 h 30 – 17 h 30, week-end 10 h – 18 h, fermé le lundi
- TechniquesPeinture, pastel, dessin, eau-forte

Une élève d’Emile Claus devenue peintre à part entière
Née dans une famille aisée de Gand, Jenny Montigny choisit la peinture à 17 ans. Elle se forme auprès du luministe Emile Claus, dans son atelier d’Astene, près de Deinze. En 1904, elle rejoint le cercle d’artistes « Vie et Lumière » et s’installe à Deurle, au bord de la Lys.
Ses sujets de prédilection sont les enfants qui jouent, les scènes d’école, la vie rurale le long de la Lys et la maternité. Elle les traite dans une lumière claire, héritée du luminisme, mais avec une écriture propre que l’exposition veut mettre en avant: le MSK insiste sur son indépendance et sur la qualité de son travail, au-delà de l’étiquette d’élève de Claus.
Une carrière internationale
De son vivant, Jenny Montigny expose largement. En 1906, l’État français achète l’une de ses toiles au Salon des Indépendants à Paris. Elle participe aux salons triennaux d’Anvers, de Bruxelles et de Gand, et rejoint en 1923 la Société des Beaux-Arts de Paris.
Pendant la Première Guerre mondiale, elle s’installe à Londres. Elle y est active au sein du Women’s International Art Club, peint Hyde Park et Kensington Gardens, et réalise des dessins et des eaux-fortes de soldats belges blessés soignés dans les King Albert Hospitals.

Comment une artiste sort du canon
Emile Claus meurt en 1924. Jenny Montigny, qui avait entretenu une relation avec lui, traverse ensuite des difficultés financières. Ses toiles ne trouvent plus d’acheteurs et elle dépend du soutien de sa sœur et d’amis. Elle meurt en 1937 et son œuvre est rapidement oubliée.
Son parcours illustre un mécanisme bien connu de l’histoire de l’art: une artiste reconnue de son vivant, mais longtemps présentée surtout à travers son maître, disparaît des récits une fois que le marché et la critique cessent de la suivre. Ses œuvres restent pourtant dans les collections publiques, notamment au MSK, aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles et au musée Dhondt-Dhaenens à Deurle.
Et comment on la fait revenir
Le retour se fait par étapes. Son travail est montré à nouveau en 1987 à Deurle et à Deinze. En 2024, l’exposition consacrée à Emile Claus au Mudel, à Deinze, attire plus de 120 000 visiteurs. La rétrospective du MSK va plus loin: elle est construite autour de Montigny elle-même, avec des œuvres de la collection du musée et des prêts de collections publiques et privées, belges et étrangères.
L’exposition s’inscrit dans une programmation du MSK qui, en 2026, accorde une large place aux artistes femmes.
À voir aussi à Liège. Jenny Montigny est également présente dans l’exposition consacrée à l’impressionnisme à La Boverie, à Liège. L’occasion de découvrir cette peintre gantoise dans deux villes le même automne.
Pourquoi la voir quand on peint
Pour les peintres et les dessinateurs, l’exposition permet de suivre une même artiste dans quatre techniques: huile, pastel, dessin et eau-forte. On y voit comment le traitement de la lumière, central chez les luministes, se décline d’un médium à l’autre, et comment une peintre formée dans l’atelier d’un maître construit progressivement son propre langage.
Infos pratiques
| Jour | Horaires |
|---|---|
| Lundi | Fermé |
| Mardi – vendredi | 9 h 30 – 17 h 30 |
| Samedi – dimanche | 10 h – 18 h |
| Premier jeudi du mois | Jusqu’à 22 h |
| Vacances scolaires | 10 h – 18 h |
Le musée est fermé les 25 et 26 décembre et les 1er et 2 janvier. Les 24 et 31 décembre, il ferme à 16 h. Le billet pour l’exposition coûte 19 €, et l’entrée est gratuite avec le museumPASSmusées. Les groupes peuvent réserver une visite guidée à l’avance.
Y aller
MSK Gent, Fernand Scribedreef 1, 9000 Gand.
Le MSK se trouve dans le Citadelpark, en face du S.M.A.K. La gare de Gand-Saint-Pierre est à une quinzaine de minutes à pied.