Jean Brusselmans à Bozar: première grande rétrospective depuis 1980

Bozar ouvre ce vendredi 2 octobre la première grande rétrospective consacrée à Jean Brusselmans depuis 1980. Environ 120 œuvres retracent le parcours de ce peintre bruxellois (1884-1953), resté longtemps dans l’ombre de ses contemporains, de la Première Guerre mondiale au début des années 1950. L’exposition est visible jusqu’au 31 janvier 2027.

L’essentiel

  • QuoiRétrospective de Jean Brusselmans, environ 120 œuvres
  • OùBozar, entrée Circuit Royal, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles
  • QuandDu 2 octobre 2026 au 31 janvier 2027
  • HorairesDu mardi au dimanche, de 10h à 18h
  • Billet20 €, 14 € pour les moins de 26 ans, gratuit pour les moins de 18 ans
  • BonusAccès gratuit le même jour à l’expérience VR House of Memory
Rétrospective Brusselmans Bozar
Une rétrospective se prête à une visite lente, œuvre par œuvre. Photo: Alistair MacRobert / Unsplash

Un peintre à l’écart des courants

Né à Bruxelles en 1884 dans une famille qui tenait un atelier de couture, Jean Brusselmans a développé dès le début du XXe siècle une œuvre singulière, à distance des mouvements de son époque tout en restant ancrée dans la tradition picturale. On le range souvent du côté de l’expressionnisme flamand, mais il refusait lui-même toute appartenance à un courant. De son vivant, il a eu du mal à vendre ses toiles; sa reconnaissance comme l’un des peintres belges importants du XXe siècle est venue après sa mort, en 1953.

Son attachement profond au paysage brabançon et son mode de vie modeste se traduisent, selon Bozar, dans un langage visuel authentique et reconnaissable, à la croisée de l’abstraction et de la figuration. Pour l’institution, il reste encore aujourd’hui un artiste belge sous-estimé.

Douze chapitres et des dialogues avec ses contemporains

L’exposition associe une approche thématique à un parcours chronologique, organisé en douze chapitres qui étudient la démarche du peintre et ses stratégies artistiques. On y croise des chefs-d’œuvre, comme Le Grand Printemps (1938) de la collection de la Fédération Wallonie-Bruxelles ou Grand intérieur (1939) du Groeningemuseum de Bruges, mais aussi des pièces beaucoup moins connues.

Le parcours met Brusselmans en dialogue avec des artistes de son temps, parmi lesquels Fernand Léger, Piet Mondrian et Rik Wouters. Les prêts proviennent de six institutions partenaires: les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, la KBR, le MSK de Gand, les Musea Brugge, le Mu.ZEE d’Ostende et le Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers.

Des décors d’opéra ramenés à la vie

L’un des volets les plus inattendus concerne le théâtre. En 1936, Brusselmans a conçu les décors monumentaux de la première représentation en français d’Erwartung, l’opéra d’Arnold Schönberg, donnée au Palais des Beaux-Arts, dans ce même bâtiment. Ces décors ont disparu. Pour l’exposition, ils sont recréés par le peintre belge Kristof Santy, né en 1987, qui s’inspire régulièrement de Brusselmans dans son propre travail.

Scène théâtre rideau
La scène fut un autre terrain d’expression pour Brusselmans, auteur de grands décors peints. Photo: Richard Heinen / Unsplash

Pourquoi la voir quand on peint

Pour qui pratique la peinture, l’intérêt dépasse la découverte d’un nom. L’exposition montre comment un artiste disposant de peu de moyens, sans appartenance à un groupe, a construit en quelques décennies un vocabulaire propre, reconnaissable d’une toile à l’autre. La juxtaposition des petites études et des grandes compositions permet de suivre concrètement la simplification des formes et le travail de la couleur.

Le volet Erwartung apporte un autre éclairage: celui d’un dialogue entre deux générations de peintres belges, où un artiste contemporain reprend et réinterprète le travail d’un aîné. Une piste de réflexion pour tous ceux qui se nourrissent de maîtres anciens dans leur pratique.

Tarifs et accès

Tarifs

  • Plein tarif20 €
  • Moins de 26 ans14 €
  • Moins de 18 ansGratuit
  • museumPASSmusées2 €

Un billet pour l’exposition Brusselmans, comme pour celles de William Kentridge, d’Edith Dekyndt x Cristóbal Balenciaga ou Central. Never Alone, donne accès gratuitement le même jour à House of Memory, une expérience en réalité virtuelle de Basil Al-Rawi à travers des archives et des récits irakiens, présentée du 14 octobre au 22 novembre.

L’exposition est accessible aux personnes à mobilité réduite avec l’aide du personnel d’accueil, même si certaines salles restent difficiles d’accès. Bozar recommande de prévenir de sa visite à l’avance et propose une carte sensorielle pour préparer la visite. Des visites guidées pour individus et pour groupes sont également proposées.

À combiner avec les autres rendez-vous de Bozar

Événement Dates
Jean Brusselmans. Peintre par nature 2 oct. 2026 – 31 janv. 2027
William Kentridge. I am not me, the horse is not mine Déjà ouverte, jusqu’au 7 mars 2027
Cristóbal Balenciaga x Edith Dekyndt. The Fabric Decides À partir du 14 oct. 2026
House of Memory, Basil Al-Rawi 14 oct. – 22 nov. 2026
Museum Night Fever 2026 17 oct. 2026, à partir de 19h

Visite guidée avec lunch. La Fondation Universitaire organise le 12 novembre 2026 à 10h30 une visite guidée de l’exposition suivie d’un lunch, à 99 € par personne, ou 89 € avec une carte musée valable. Inscription et paiement avant le 25 octobre 2026.

Y aller

Bozar, entrée Circuit Royal, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles.

Le Palais des Beaux-Arts se trouve à quelques minutes à pied de la gare de Bruxelles-Central. Depuis Liège, comptez environ une heure de train jusqu’à Bruxelles-Central, puis cinq minutes de marche.

Informations vérifiées le 29 septembre 2026 auprès de Bozar et de la Fondation Universitaire.

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